Sonos Ace : le premier casque de Sonos rivalise avec Sony et Bose
Fabrication soignée et antibruit au sommet, mais un tarif d'élite et des aigus en retrait.
Synthèse de 12 sources notées.
+ Points forts
- Réduction de bruit parmi les meilleures du marché
- Fabrication premium et coussinets aimantés remplaçables
- Bascule du son TV vers le casque avec une barre Sonos
- Signature équilibrée, très à l'aise en audio spatial
- Autonomie de 30 h tenue et charge rapide efficace
− Points faibles
- Plus lourd que Sony et Bose, ses 312 g se ressentent
- Aigus en retrait, un cran sous l'élite sur la musique
- Différenciation cinéma conditionnée à une barre Sonos
- Latence Bluetooth élevée et pas de LE Audio
Caractéristiques
| Transducteurs | 40 mm dynamiques sur mesure |
|---|---|
| Réduction de bruit | active, 8 micros, mode Aware |
| Autonomie | 30 h annoncée (ANC activé) |
| Charge rapide | 3 min pour 3 h d'écoute |
| Bluetooth | 5.4, multipoint, SBC/AAC/aptX Lossless |
| Audio spatial | Dolby Atmos avec suivi de la tête |
| Écosystème | bascule du son TV via barre Sonos (Arc, Beam, Ray) |
| Filaire | USB-C et jack 3,5 mm fournis, en lossless |
| Poids | 312 g |
| Coussinets | mémoire de forme, aimantés, remplaçables |
| Coloris | noir ou blanc mat |
| Prix de lancement | 499 € |
Design et confort
Pour son premier casque, Sonos n'a pas cherché l'esbroufe. L'Ace mise sur des coques en plastique dense, un arceau en acier et des inserts métalliques discrets, une sobriété qui le rapproche de l'AirPods Max sans en copier le luxe. La finition fait consensus dans la presse : assemblage sans défaut, matériaux mats qui ne retiennent pas les traces de doigts. Le compromis se joue sur la balance : avec 312 g au compteur, l'Ace pèse plus lourd que les 250 g d'un Sony WH-1000XM5 ou d'un Bose QuietComfort Ultra, et cet écart se ressent après une heure de port.
Le confort reste néanmoins soigné. Les coussinets à mémoire de forme, larges et amovibles grâce à des aimants, conviennent à la plupart des morphologies. Plusieurs testeurs relèvent toutefois que le similicuir tient chaud et marque la transpiration, un reproche récurrent. Sonos fait aussi l'impasse sur le tactile et confie tout à trois boutons physiques, dont une glissière multifonction très réactive. Un choix assumé, à rebours de la mode, qui facilite la prise en main à l'aveugle. On regrette juste l'absence de tout indice de résistance à l'eau, qui exclut l'usage sportif. Les amateurs d'autres casques sans fil premium y retrouveront des repères familiers.
Qualité audio
Sur le terrain musical, Sonos ne renie pas l'ADN de ses enceintes. La signature est chaleureuse, ample et bien équilibrée, avec des basses présentes sans excès et des médiums flatteurs pour les voix. La presse converge sur ce point : l'Ace se montre polyvalent et agréable quel que soit le style. Le bât blesse dans les hautes fréquences, jugées un peu en retrait et parfois instables, ce qui prive les instruments d'un surcroît de séparation et de détail.
C'est précisément là que l'Ace décroche de l'élite. TechRadar le trouve en retrait de la concurrence directe sur la musique pure, quand What Hi-Fi?, plus sévère, lui reproche un manque de clarté et de dynamique face aux références à cinq étoiles du segment. Un Bowers & Wilkins PX7 offre un son plus riche, et le Sony WH-1000XM6 pousse plus loin la finesse et la profondeur de scène. L'Ace prend en revanche l'avantage dès qu'on lui sert un contenu en audio spatial : la scène s'élargit nettement et l'immersion, portée par le suivi des mouvements de la tête, convainc davantage que chez beaucoup de rivaux.
Réduction de bruit et appels
Sur l'antibruit, le coup d'essai tient du coup de maître. Pour une première incursion, l'Ace se hisse parmi les meilleurs et crée une bulle de silence très convaincante dans le métro, l'avion ou l'open space. Le Labo Fnac mesure une isolation notée 9,2 sur 10, tout près des ténors du genre. La presse s'accorde : seul le Bose QuietComfort Ultra Headphones conserve une longueur d'avance pour étouffer les voix proches, comme le soulignent aussi bien Numerama que Presse-citron.
Le mode Aware, qui laisse entrer l'environnement, se révèle naturel et précis, capable de restituer la direction des sons. Les appels profitent de huit micros et d'un beamforming qui isole bien la voix des bruits de fond. Un défaut d'ergonomie ternit toutefois le tableau : les micros logés sous les oreillettes frottent contre le col d'un manteau, générant des bruits parasites en communication ou en mode transparence. Un détail, mais agaçant sur un produit de ce standing.
Écosystème et cinéma maison
La vraie signature de l'Ace ne s'entend pas, elle se déclenche. Grâce à une puce Wi-Fi dédiée, le casque récupère d'une pression le son d'une barre Sonos et bascule l'audio du téléviseur vers les oreilles, sans réveiller le reste du foyer. La bascule s'opère en deux secondes, la barre se chargeant de transformer le flux Dolby Atmos en un rendu spatialisé avec suivi de la tête. Numerama comme Frandroid décrivent une fonction qui tient ses promesses et rend l'écoute nocturne d'un film étonnamment immersive.
Deux réserves accompagnent cette promesse. La compatibilité s'est d'abord limitée à la seule barre Arc au lancement, avant de s'étendre aux Beam et Ray par mise à jour, tout comme le mode TrueCinema, absent au départ et déployé courant 2025. Surtout, l'Ace demeure un casque purement Bluetooth pour la musique : il ne se raccorde pas au réseau multiroom Wi-Fi de la marque, ce que beaucoup espéraient. La fonction cinéma, elle, suppose de posséder une barre compatible, sans quoi cette exclusivité reste lettre morte.
Autonomie et connectivité
Côté endurance, l'Ace tient le haut du panier sans battre de record. Sonos annonce 30 heures avec réduction de bruit, une valeur que les mesures dépassent même un peu : Journal du Geek relève environ 32 heures, quand Clubic mesure 30 h 30 sous AptX HD, un codec pourtant gourmand. La charge rapide, qui promet trois heures d'écoute pour trois minutes de prise, dépanne efficacement. En mode cinéma relié à une barre, en revanche, l'autonomie fond bien plus vite. Un Sennheiser Momentum 4 Wireless reste hors d'atteinte sur ce terrain, fort de ses dizaines d'heures supplémentaires.
La connectique vise juste sans être exhaustive. Bluetooth 5.4, multipoint et prise en charge de l'aptX Lossless (en filaire ou sur Android compatible) cochent les bonnes cases, mais l'Ace laisse de côté l'Auracast et le LE Audio. La latence constitue son point faible : Les Numériques mesure 212 ms en Bluetooth, de quoi ressentir un décalage sur les jeux, seulement compensé sur les contenus vidéo.
Verdict
Pour un coup d'essai, Sonos signe une entrée maîtrisée. L'Ace séduit par sa fabrication soignée, une isolation digne des meilleures références et une autonomie solide, le tout porté par une signature équilibrée qui plaira aux oreilles lassées des basses hypertrophiées. Sur le son pur, il ne s'impose pas pour autant : la finesse d'un Sony ou d'un Bose lui échappe encore, et les puristes lui reprocheront des aigus trop discrets.
Son vrai supplément d'âme se mérite avec une barre de son de la marque : c'est là, dans la bascule instantanée du téléviseur vers le casque, que l'Ace justifie pleinement sa place et son tarif. Détaché de cet usage, il reste un très bon casque premium parmi d'autres, un peu lourd et facturé au prix fort. On notera enfin que Sonos a depuis reconnu les débuts poussifs du modèle et lui prépare une succession avec l'Ace Ultra, annoncé avec une intégration renforcée. En l'état, l'Ace vaut surtout pour qui vit déjà au rythme des enceintes Sonos.
Questions fréquentes
Le Sonos Ace fonctionne-t-il sans barre de son Sonos ? +
Oui. En Bluetooth, il s'utilise avec n'importe quel smartphone, tablette ou ordinateur. La bascule du son depuis un téléviseur reste en revanche réservée aux possesseurs d'une barre Sonos compatible (Arc, Beam, Ray).
Le Sonos Ace gère-t-il l'audio sans perte ? +
Il prend en charge l'aptX Lossless en filaire via USB-C, et en Bluetooth sur les smartphones Android compatibles Snapdragon Sound. Sur iPhone, la lecture sans perte passe obligatoirement par le câble USB-C fourni.
Quelle est l'autonomie réelle du Sonos Ace ? +
Sonos annonce 30 heures avec réduction de bruit. Les mesures de la presse tournent autour de 30 à 32 heures. En mode cinéma relié à une barre, l'autonomie chute nettement.
Faut-il préférer le Sonos Ace ou le Sony WH-1000XM6 ? +
Le Sony garde l'avantage sur la finesse sonore et la légèreté. Le Sonos se distingue par sa fabrication et sa bascule vers une barre de son, surtout si vous êtes déjà dans l'univers de la marque.
Le Sonos Ace convient-il pour le sport ? +
Peu recommandé. Il ne dispose d'aucune certification de résistance à l'eau et son similicuir tient chaud, ce qui le destine plutôt à un usage domestique ou en déplacement.
89/100
Une restitution vive et détaillée, portée par une fabrication racée et l'aptX Lossless.
88/100
Le silence en héritage, quelques oublis en prime : le casque nomade le plus abouti de Bose ?
89/100
Le son typé Sennheiser et une écoute qui dure, quand la plupart des casques rendent l'âme.