Xiaomi TV Box S 3e génération : la 4K Google TV à petit prix, avec ses limites
Un boîtier minuscule qui transforme une vieille télé en smart TV 4K HDR.
Synthèse de 4 sources notées.
+ Points forts
- Stockage quadruplé à 32 Go, fini la saturation après quelques apps
- Prise en charge vidéo et audio très complète, jusqu'au Dolby Vision
- Wi-Fi 6 et Bluetooth 5.2 enfin de la partie
- Interface Google TV fluide et richement fournie en applications
- Format minuscule qui se cache derrière le téléviseur
− Points faibles
- Seulement 2 Go de RAM, à l'origine de microralentissements
- Connectique réduite à un seul port USB 2.0, sans Ethernet
- Plus de lecture des fichiers 8K, à rebours de la génération précédente
- Télécommande au clic de boutons gênant le soir
Caractéristiques
| Processeur | Amlogic S905X5M, 4 cœurs Cortex-A55 à 2,5 GHz (6 nm) |
|---|---|
| GPU | ARM Mali-G310 V2 |
| Mémoire vive | 2 Go DDR4 |
| Stockage | 32 Go eMMC (environ 24 Go disponibles) |
| Système | Google TV (Android 14) |
| Vidéo | 4K à 60 fps, AV1, Dolby Vision, HDR10+, HLG |
| Audio | Dolby Atmos, DTS:X, passthrough TrueHD et DTS-HD via Kodi/Plex |
| Réseau | Wi-Fi 6 double bande, Bluetooth 5.2 |
| Connectique | HDMI 2.1a, 1 port USB-A 2.0, pas d'Ethernet |
| Télécommande | Bluetooth, micro Assistant Google, émetteur infrarouge |
| Dimensions | 97 x 97 x 17 mm pour 91 g |
| Prix de lancement | 69,99 € |
Design et installation
Le format ne bouge pas: un petit galet carré de 97 x 97 x 17 mm pour 91 g, en plastique noir mat légèrement texturé qui se glisse derrière n'importe quel téléviseur sans se faire remarquer. Fidèle aux habitudes de Xiaomi, le boîtier arrondit simplement ses angles par rapport à la deuxième génération, un dessin qui rappelle la Mi Box 3 de 2018. Une discrète LED blanche en façade indique la mise sous tension et la réception des ordres de la télécommande.
La mise en route tient en trois branchements: HDMI, alimentation, puis appairage Bluetooth de la télécommande. Le câble HDMI est fourni dans la boîte, ce qui reste rare sur ce segment et que ne proposait pas le Google TV Streamer. L'appairage automatique du compte Google par QR code échoue en revanche assez souvent, un travers déjà constaté sur d'autres appareils Google TV: on se rabat alors sur la saisie manuelle à la télécommande, nettement plus laborieuse.
La télécommande, identique à celle de la génération précédente, intègre un micro pour l'Assistant Google, un émetteur infrarouge pour piloter le téléviseur et quatre raccourcis Netflix, Prime Video, YouTube et Xiaomi TV+. Son seul tort tient au clic sonore des boutons de volume, audible le soir dans une pièce silencieuse.
Google TV, une interface mûre mais envahissante
Le boîtier tourne sous Google TV, la surcouche de découverte posée sur Android 14. La page d'accueil agrège les recommandations de vos services de SVoD et reprend chaque film ou série là où vous l'aviez laissé. Surtout, il ouvre l'accès au Play Store, de loin le catalogue d'applications le plus fourni pour un téléviseur, devant ceux d'Amazon et d'Apple. Aucune icône ne mène directement à la boutique: il faut saisir le nom de l'application dans la barre de recherche, ce qui ferme la porte à la découverte au hasard des rayons.
Revers de la médaille, l'interface met en avant du contenu sponsorisé et conserve une bannière publicitaire en haut de l'écran. Un mode "applications uniquement" permet heureusement d'épurer l'affichage. On retrouve le Chromecast intégré pour diffuser depuis un smartphone et l'intégration à Google Home, qui pilote les appareils connectés du domicile depuis le canapé. Xiaomi glisse aussi son bouquet maison Xiaomi TV+, gratuit et financé par la publicité, au contenu cependant assez daté.
Performances: le SoC progresse, la RAM coince
Le vrai chantier de cette génération se joue sous le capot. La puce Amlogic S905X5M gravée en 6 nm, associée à un GPU Mali-G310 V2, succède au S905X4. Xiaomi annonce 25 % de gain processeur et 130 % côté graphique, et le surcroît de fluidité saute aux yeux à l'ouverture des applications. AndroidPCtv relève une consommation plafonnée à 5 W et un fonctionnement totalement silencieux, sans échauffement notable.
Le point de friction se situe ailleurs: la mémoire vive reste figée à 2 Go. C'est la concession la plus visible faite au prix. 01net, qui a vécu deux semaines avec le boîtier, décrit des microralentissements et l'apparition régulière du cercle de chargement dès qu'on enchaîne plusieurs applications. Le stockage, lui, fait un bond: Les Numériques relève environ 24 Go réellement disponibles sur les 32, de quoi installer quantité d'applications sans craindre la saturation qui touchait les anciens modèles à 8 Go.
Pour le jeu, le bond du GPU autorise les titres 3D simples du Play Store et l'émulation rétro jusqu'aux consoles 16/32 bits. Le système resté en 32 bits ferme toutefois la porte à l'émulation GameCube et aux distributions dédiées comme EmuELEC, trop récentes pour ce processeur.
Image et son: une fiche cinéma complète
C'est l'argument massue du boîtier. Il lit la 4K jusqu'à 60 images par seconde et accepte tous les formats HDR actuels: HDR10, HDR10+, Dolby Vision et HLG. L'Auto Frame Rate cale la fréquence du téléviseur sur celle de la vidéo pour effacer les saccades, et une mise à l'échelle assistée par IA tente de tirer les contenus de définition inférieure vers la haute définition.
Côté audio, le Dolby Atmos et le DTS:X sont de la partie. Le boîtier transmet même en passthrough les pistes non compressées Dolby TrueHD et DTS-HD Master Audio via Kodi ou Plex, une possibilité rare à ce niveau de prix qui parlera aux cinéphiles équipés en home cinéma. La lecture de fichiers locaux montre néanmoins ses limites: Frandroid relève des micro-coupures sur deux fichiers sur dix-neuf testés et, surtout, l'impossibilité de lire les fichiers 8K que la génération précédente acceptait, une régression réelle même si l'usage demeure marginal.
Connectique et réseau: le strict minimum
Au dos, Xiaomi se limite à un port d'alimentation, une sortie HDMI 2.1a et un unique port USB-A en 2.0, une norme d'un autre temps. Aucun port Ethernet, aucune sortie audio jack: il faut passer par un adaptateur USB pour le filaire ou de vieilles enceintes, et par un hub pour cumuler plusieurs périphériques. L'absence d'Ethernet pèse sur un appareil pensé pour rester branché en continu derrière le téléviseur.
Le Wi-Fi 6 double bande est censé compenser ce manque. Dans les faits, le débit déçoit: Frandroid mesure un débit qui plafonne autour de 250 Mb/s, loin des 400 à 600 Mb/s relevés sur d'autres appareils Wi-Fi 6, sans que le streaming vidéo n'en pâtisse. Le Bluetooth 5.2 gère de son côté la connexion d'un casque ou d'une manette sans difficulté, et la recopie d'écran fonctionne depuis Android comme depuis iOS.
Verdict
La troisième génération conserve la couronne du boîtier Google TV abordable, laissée vacante par le Chromecast 4K que Google a retiré au profit d'un Streamer vendu près de deux fois plus cher. Pour une soixantaine d'euros, le constructeur livre une expérience home cinéma vraiment complète, une interface fluide et un stockage enfin à la hauteur, deux points sur lesquels les générations passées avaient déçu.
Les réserves se concentrent sur le matériel: 2 Go de mémoire vive qui montrent leurs limites en multitâche, une connectique limitée à un seul USB et l'abandon de la lecture 8K. Qui exige une réactivité sans accroc et une prise réseau filaire visera une Nvidia Shield TV bien plus chère, ou le Google TV Streamer. Face aux autres box TV du moment, l'équilibre entre prix et prestations reste cependant très difficile à prendre en défaut, ce que traduit l'accueil très favorable réservé par la presse spécialisée.
Questions fréquentes
La Xiaomi TV Box S 3e génération a-t-elle un port Ethernet ? +
Non, elle se connecte uniquement en Wi-Fi 6 double bande. Pour une liaison filaire, il faut passer par un adaptateur Ethernet branché sur l'unique port USB-A.
Peut-elle remplacer un Chromecast ou une Fire TV Stick ? +
Oui. Elle fait tourner Google TV avec le Play Store complet et gère le Chromecast intégré, en remplacement direct du Chromecast 4K abandonné par Google.
Gère-t-elle Netflix en 4K HDR ? +
Oui. Le boîtier est certifié Widevine L1, ce qui débloque la 4K, le HDR et le Dolby Vision sur Netflix comme sur les autres services de streaming.
Les 2 Go de RAM sont-ils suffisants ? +
Pour du streaming classique, oui. En multitâche intensif, Frandroid a constaté des rechargements complets d'applications, signe que la mémoire reste juste.
Quelle différence avec le Google TV Streamer ? +
Le boîtier Xiaomi coûte près de moitié moins cher et fournit un câble HDMI, mais le Google TV Streamer offre davantage de mémoire vive et un port Ethernet.
88/100
La puce A15 Bionic hisse tvOS à un niveau de réactivité que peu de concurrents approchent.
71/100
Un grand écran Oled lumineux et tout l'écosystème Google, dans un boîtier plume en aluminium.
70/100
Près de trois semaines d'autonomie et un boîtier en aluminium, pour le prix d'un simple bracelet.