Nothing Phone (3) : le premier flagship de Nothing mise tout sur son style
Un dos comme aucun autre, une charge express, mais un Snapdragon volontairement en retrait.
Synthèse de 10 sources notées.
+ Points forts
- Design transparent unique et Glyph Matrix réellement personnalisable
- Charge filaire 65 W, 0 à 50 % en 19 minutes
- Écran Oled lumineux et bien calibré
- Nothing OS 3.5 épuré, sans bloatware
- Suivi logiciel de 5 ans d'Android, 7 ans de sécurité
− Points faibles
- Chauffe marquée en jeu et sur les benchmarks
- Snapdragon 8s Gen 4 en retrait des vrais flagships
- Photos de nuit en deçà des Pixel et Galaxy
- Poids de 218 g et Gorilla Glass 7i un peu juste
Caractéristiques
| Écran | Oled 6,67", 2800 x 1260 px, 120 Hz, jusqu'à 4500 nits (HDR) |
|---|---|
| Processeur | Snapdragon 8s Gen 4, GPU Adreno 825 |
| Mémoire | 12 ou 16 Go LPDDR5X, 256 ou 512 Go UFS 4.0 |
| Photo arrière | triple 50 Mpx (grand-angle, ultra grand-angle, téléobjectif 3x) |
| Selfie | 50 Mpx, vidéo 4K |
| Batterie | 5150 mAh silicium-carbone |
| Charge | 65 W filaire, 15 W sans fil, 5 W inversée |
| Étanchéité | IP68, Gorilla Glass 7i (avant) et Victus (dos) |
| Connectivité | 5G, Wi-Fi 7, Bluetooth 6.0, NFC, eSIM |
| Système | Android 15, Nothing OS 3.5, 5 ans de mises à jour |
| Poids et format | 218 g, 160,6 x 75,6 x 9 mm |
| Prix de lancement | 849 € (12/256 Go), 949 € (16/512 Go) |
Un design que l'on ne confond avec aucun autre
Nothing n'a jamais cherché à passer inaperçu, et le Phone (3) enfonce le clou. Le dos en verre laisse deviner vis apparentes et circuits stylisés, tandis que les trois modules photo sont posés sans souci de symétrie, le téléobjectif volontairement décalé. On adhère ou on rejette, rarement entre les deux. La finition, elle, ne prête pas à débat : cadre en aluminium, dalle plane et bordures de 1,87 mm font enfin entrer Nothing dans la cour du haut de gamme, avec une certification IP68 inédite chez la marque, sur un segment où les smartphones se ressemblent de plus en plus.
La nouveauté remplace les bandes lumineuses Glyph par la Glyph Matrix, un afficheur circulaire de 489 micro-LED piloté par un bouton tactile au dos. Il montre l'heure, la batterie, quelques mini-jeux et des notifications personnalisées par contact, dépassant le simple gadget une fois configuré. Le bouton Essential Key, trop proche de la touche de veille, provoque en revanche des captures d'écran involontaires. À 218 g, l'appareil reste lourd.
Un écran Oled soigné, sans viser le sommet
La dalle Oled de 6,67 pouces (2800 x 1260 pixels, 460 ppp) coche l'essentiel : contraste infini, 120 Hz et une colorimétrie que Nothing maîtrise de longue date. 01net relève un pic à 1544 cd/m² en luminosité boostée et un Delta E de 2,66 en DCI-P3, gage d'un rendu fidèle. Les relevés convergent : Les Numériques notent 1513 cd/m², quand Frandroid mesure 1498 nits en SDR.
Ces valeurs suffisent en extérieur mais restent sous les 2000 cd/m² des meilleurs écrans, à l'image du Galaxy S25. L'écran fait aussi l'impasse sur le LTPO : la fréquence oscille entre 60 et 120 Hz, sans descendre à 1 Hz pour un affichage permanent économe. Le film protecteur préinstallé ajoute enfin quelques reflets gênants au soleil. Un très bon écran, à défaut d'être une référence absolue.
Un Snapdragon 8s Gen 4 rapide mais qui s'échauffe
Nothing a écarté le Snapdragon 8 Elite au profit du 8s Gen 4, moins cher. Au quotidien, l'écart se voit peu : Clubic frôle les deux millions de points sur AnTuTu, loin devant un Pixel 9, et les jeux tournent sans accroc. Le souci se niche ailleurs, dans la chauffe : Les Numériques ont vu le châssis dépasser 50 °C sur des sessions 3DMark, au point de devoir le laisser refroidir.
Le ressenti dépend du protocole : Frandroid note une chaleur nette après 30 à 45 minutes de jeu mais un throttling limité à 15 %, quand Clubic la juge plus discrète. Cette gestion thermique perfectible reste le principal reproche technique, là où le OnePlus 13, mieux refroidi et animé par un 8 Elite, tient la distance plus sereinement. Pour un usage courant, l'inconfort reste rare.
Un trio de 50 Mpx polyvalent, à la peine de nuit
Le Phone (3) réunit trois capteurs de 50 mégapixels : grand-angle stabilisé, ultra grand-angle de 114° et téléobjectif périscopique 3x, épaulés par un selfie de 50 Mpx. La marque coche enfin la case du zoom optique, absent d'un iPhone 16 au même tarif. De jour, les clichés sont détaillés et contrastés, et les portraits profitent d'un détourage précis.
La nuit gâche un peu la fête. Frandroid observe un ultra grand-angle et un zoom qui perdent en finesse dès que la lumière baisse, avec un bruit numérique rapide. Le Labo Fnac accorde 8,7 sur 10 au capteur principal mais pointe une colorimétrie perfectible. Le mode nuit efface par moments trop de détails, laissant le Pixel 10 Pro devant sur ce terrain. Un bloc complet, pas encore au niveau des références du segment.
Une autonomie solide, une charge express
Avec 5150 mAh en silicium-carbone, le Phone (3) tient la journée sans forcer, souvent une bonne partie de la suivante en usage mesuré. Les méthodes divergent : Clubic relève 18 h 34 sur PCMark, 01net un peu plus de 17 heures en continu, le Labo Fnac 15 h 27, quand Notebookcheck descend à 12 h 56 en usage actif.
Ces écarts tiennent aux protocoles, mais le constat est partagé : un mobile endurant sans être recordman, le OnePlus 13 tenant plus longtemps sur les mêmes exercices. La charge relève le niveau. Le 65 W filaire fait passer la batterie de 0 à 50 % en 19 minutes, un chrono confirmé par Presse-citron, pour un plein en 54 minutes environ. S'y ajoutent la charge sans fil 15 W et une recharge inversée 5 W. Le bloc secteur n'est pas fourni.
Nothing OS 3.5, l'atout maison
Le logiciel demeure l'argument le plus convaincant de la marque. Sous Android 15, Nothing OS 3.5 assume une esthétique en noir et blanc, icônes retravaillées et widgets soignés, sans application superflue préinstallée. Le parti-pris ne plaît pas à tout le monde, mais un retour à une présentation classique se fait en quelques réglages, et l'ensemble reste fluide et cohérent.
L'intelligence artificielle se fait discrète, ce qui n'est pas un défaut ici. Le bouton Essential Key ouvre l'Essential Space, qui centralise captures, mémos et notes vocales classés automatiquement, pendant que Gemini et ChatGPT s'intègrent à la recherche. Nothing promet surtout cinq ans de mises à jour Android et sept ans de correctifs de sécurité, un engagement qui rejoint les meilleurs et soutient le positionnement premium revendiqué. C'est aussi ce qui rend l'appareil pertinent sur la durée.
Verdict
Le Nothing Phone (3) réussit son entrée dans le haut de gamme sans renier son identité. Design clivant, Glyph Matrix enfin utile, écran calibré, charge rapide et suivi logiciel exemplaire forment un ensemble cohérent et attachant. Restent des aspérités assumées : une puce sous les toutes meilleures, une gestion thermique perfectible et une photo de nuit en deçà des Pixel et Galaxy.
Lancé à 849 €, il se négocie aujourd'hui autour de 550 €, ce qui change la donne : à ce prix, ses compromis se pardonnent et son originalité devient un argument face à des rivaux plus consensuels. Le Phone (3) ne vise pas l'acheteur en quête de la fiche technique la plus musclée, mais celui qui veut un smartphone bien suivi, agréable et différent au quotidien. Un premier flagship imparfait, qui a le mérite de ne ressembler à aucun autre.
Questions fréquentes
Le Nothing Phone (3) chauffe-t-il beaucoup ? +
Oui, c'est son principal défaut technique. Les Numériques ont relevé plus de 50 °C sur des benchmarks 3DMark et Frandroid une chaleur nette après 30 à 45 minutes de jeu. En usage courant, l'inconfort reste toutefois rare.
Le Nothing Phone (3) est-il un vrai flagship ? +
Il en a la finition, l'écran et la connectivité, mais son Snapdragon 8s Gen 4 se situe un cran sous le Snapdragon 8 Elite des flagships les plus puissants. C'est un choix assumé pour contenir le prix.
Quelle est l'autonomie du Nothing Phone (3) ? +
Elle est solide sans être record. Le Labo Fnac a mesuré 15 h 27 et Clubic 18 h 34 sur PCMark, selon les protocoles. Comptez une journée pleine, voire près de deux en usage léger.
Le Nothing Phone (3) est-il étanche ? +
Oui, il est certifié IP68, une première pour un Phone de Nothing. Il résiste à une immersion à 1 mètre pendant 30 minutes, contre un simple IP54 sur le Phone (2).
À quoi sert la Glyph Matrix ? +
C'est un petit écran arrière de 489 micro-LED qui affiche l'heure, le niveau de batterie, des mini-jeux et des notifications personnalisées par contact, sans avoir à allumer l'écran principal.
84/100
Le plus petit des Galaxy S garde son allure d'iPhone et gagne une autonomie convaincante.
89/100
Un quadruple module Leica taillé pour la photo, épaulé par un périscope 200 Mpx.
85/100
Écran 6,9 pouces, Snapdragon 8 Elite et 200 Mpx : le porte-étendard de Samsung vise l'exhaustivité.