Nintendo Switch 2 : plus puissante et mieux finie, mais la facture grimpe
Écran LCD et autonomie font débat, une prise en main enfin haut de gamme
Synthèse de 14 sources notées.
+ Points forts
- Finitions premium et béquille pleine largeur bien plus solides
- Joy-Con 2 aimantés, fixation immédiate et sans jeu
- Écran 7,9 pouces 1080p, plus grand, net et fluide
- Puissance en hausse : Cyberpunk et gros jeux tiers tournent enfin
- Rétrocompatibilité quasi totale avec le catalogue Switch
− Points faibles
- Écran LCD en retrait de l'OLED sur le contraste et les noirs
- Autonomie courte, à peine deux heures sur les gros jeux
- Recharge très lente malgré le bloc 60 W fourni
- Sticks à potentiomètre : le risque de drift demeure
Caractéristiques
| Écran | LCD 7,9 pouces, 1080p, 120 Hz, HDR10, VRR |
|---|---|
| Processeur | puce Nvidia personnalisée (Tegra T239) |
| Mémoire vive | 12 Go LPDDR5X |
| Stockage | 256 Go UFS 3.1, extensible en microSD Express |
| Résolution TV | jusqu'à 4K à 60 i/s via le dock |
| Poids | environ 534 g avec les Joy-Con |
| Autonomie annoncée | 2 à 6,5 heures |
| Connectique | 2 ports USB-C, jack 3,5 mm, Wi-Fi 6, Bluetooth |
| Dock | HDMI, Ethernet, 2 ports USB-A, ventilation active |
| Manettes | Joy-Con 2 aimantés avec mode souris |
| Rétrocompatibilité | quasi totale avec les jeux Switch |
| Prix de lancement | 469,99 € seule, 509,99 € avec Mario Kart World |
Design et finitions
Sortie le 5 juin 2025, la Switch 2 reprend trait pour trait le principe de sa devancière : une tablette de 7,9 pouces sur laquelle se greffent deux manettes amovibles, et un dock pour basculer sur le téléviseur. Le gabarit, lui, enfle. La console mesure 116 sur 272 mm et pèse environ 534 g avec les Joy-Con attachés, contre 420 g pour la Switch OLED. On reste loin des 640 g d'un Steam Deck OLED, mais le surpoids se sent au bout d'une heure de jeu tenu à bout de bras.
Le changement le plus net tient à la qualité perçue. Le plastique mat, légèrement granuleux, et la béquille pleine largeur héritée de la version OLED donnent une machine bien plus sérieuse que l'ancienne, qui faisait figure de jouet à côté. La chauffe reste contenue : Les Numériques relève un maximum de 41,7 °C sur le bord de l'écran après une longue session de Cyberpunk 2077. Nintendo ajoute un second port USB-C sur la tranche haute, pratique pour recharger en mode table, et conserve la prise jack. La Switch 2 rejoint ainsi notre sélection de consoles de jeu testées.
Un écran LCD qui divise
Le retour au LCD après la dalle OLED de la Switch OLED a nourri les critiques. Sur le papier, la fiche progresse pourtant nettement : 1080p contre 720p, 120 Hz, compatibilité HDR10 et VRR, une première chez Nintendo en portable. Reste la réalité des mesures. 01net relève un pic lumineux de 460 cd/m² en HDR, un contraste de 1109:1 et une température de 7758 K qui tire l'image vers le froid, quand Frandroid constate une luminosité plafonnant à 450 nits et un contraste sous les 900:1.
Ces valeurs modestes bornent l'intérêt du HDR sur la dalle intégrée, qu'on réservera plutôt au téléviseur. À l'œil, l'image gagne malgré tout en netteté et en fluidité, et le passage aux 7,9 pouces rend le mode portable plus confortable, y compris à deux sur une table. L'écran progresse partout, sauf sur le contraste et les noirs, où l'OLED garde une longueur d'avance. Branchée au dock, la console vise la 4K à 60 images par seconde, ou du 1440p à 120 Hz.
Joy-Con 2 et prise en main
La grande réussite matérielle, ce sont les Joy-Con 2 aimantés. Fini le rail coulissant : les manettes se clipsent d'un geste et se libèrent via un bouton placé sous les gâchettes. La fixation est franche, sans jeu, et le fameux clic Nintendo répond présent. Les sticks, plus larges, et les gâchettes SL et SR élargies rendent le jeu à deux, un Joy-Con chacun, moins pénible qu'avant.
Tout n'est pas réglé. Les manettes restent plates et étroites, et la presse pointe une prise en main en retrait d'une manette classique ou d'un Steam Deck sur les longues sessions. Plusieurs rédactions, iFixit en tête, ont constaté que les sticks conservent la technologie à potentiomètre de la première Switch, ce qui laisse planer le risque de drift. Nintendo greffe aussi un mode souris : posé sur la tranche, un Joy-Con fait office de pointeur. Le procédé intrigue plus qu'il ne convainc au lancement, faute de jeux pour l'exploiter, même si la stratégie comme Civilization VII en tire parti.
Performances et rétrocompatibilité
Sous la coque, une puce Nvidia personnalisée (Tegra T239), 12 Go de mémoire et 256 Go de stockage rapide changent la donne. La Switch 2 fait tourner Cyberpunk 2077, Elden Ring ou Street Fighter 6, impensables sur l'ancienne. Numerama rapporte que, de l'aveu des studios, la puissance se rapproche d'une Xbox Series S plutôt que d'une PS4, l'upscaling DLSS de Nvidia faisant une bonne partie du travail. En mode docké, la console vise la 4K ; en portable, elle privilégie la fluidité.
La rétrocompatibilité reste un atout maître. La quasi-totalité du catalogue Switch tourne sur la nouvelle machine, souvent avec un gain automatique de fluidité, parfois via une mise à jour payante à 10 € : les deux Zelda passent en 1440p à 60 images par seconde. Cette continuité logicielle distingue la Switch 2 des consoles portables sous Windows comme la ROG Ally X, plus musclées sur le papier mais privées des exclusivités maison. Le catalogue de lancement, lui, se limite surtout à Mario Kart World et à des portages, un reproche récurrent. La vraie démonstration viendra des jeux pensés pour la machine, pas encore là au démarrage.
Autonomie et fonctions en ligne
Le point noir est connu : l'autonomie. Nintendo annonce 2 à 6,5 heures selon les titres, et la fourchette basse est vite atteinte. Presse-citron mesure un peu plus de deux heures sur Mario Kart World, et 3h45 sur le plus sage Welcome Tour. La recharge n'aide pas : Numerama relève plus de trois heures pour un plein, la console plafonnant autour de 20 W malgré un bloc de 60 W fourni. Sur les gros jeux, recharger prend parfois plus de temps que jouer.
Côté services, Nintendo comble son retard. Le bouton C ouvre GameChat, un chat vocal et vidéo intégré, tandis que GameShare permet de partager une partie avec un ami qui ne possède pas le jeu. L'eShop, enfin fluide, corrige l'un des travers les plus agaçants de la première Switch. Ces ajouts restent conditionnés à l'abonnement Nintendo Switch Online, gratuit la première année pour GameChat. Le micro intégré capte étonnamment bien la voix à plusieurs mètres, ce qui ouvre des pistes pour les futurs jeux compatibles.
Verdict
La Switch 2 ne cherche pas à surprendre : elle prend la formule hybride de 2017 et en corrige les défauts un à un. Écran plus grand et plus fin, finitions dignes de ce nom, Joy-Con aimantés, puissance enfin au niveau pour accueillir les gros jeux tiers, eShop réactif. Face à cette copie appliquée, deux réserves reviennent dans presque tous les tests : l'écran LCD, en retrait de l'OLED sur le contraste, et une autonomie courte sur les titres gourmands.
À près de 470 € nue, la console se paie plus cher que ses aînées et flirte avec le tarif d'une PS5 édition numérique, ce qui aiguise les attentes. Pour qui joue surtout en nomade et vise les exclusivités maison, elle reste la proposition la plus cohérente du marché. Fidèle à la manière Nintendo, la console mise sur l'usage et le catalogue plutôt que sur la fiche technique. Une évolution sans révolution, mais presque sans faute.
Questions fréquentes
La Nintendo Switch 2 est-elle rétrocompatible avec les jeux Switch ? +
Oui, la quasi-totalité du catalogue Switch fonctionne sur la Switch 2, souvent avec un gain de fluidité automatique. Certains titres proposent une mise à jour payante à 10 € pour une version optimisée.
Quelle est l'autonomie réelle de la Nintendo Switch 2 ? +
Nintendo annonce 2 à 6,5 heures. Sur les gros jeux comme Mario Kart World, Presse-citron mesure un peu plus de deux heures, davantage sur les titres légers en baissant la luminosité.
L'écran de la Switch 2 est-il un OLED ? +
Non, Nintendo a opté pour une dalle LCD de 7,9 pouces en 1080p, avec HDR10 et 120 Hz. Elle est plus grande et plus fine que celle de la Switch OLED, mais son contraste reste inférieur.
Faut-il une nouvelle carte mémoire pour la Switch 2 ? +
Oui. La console n'accepte que les cartes microSD Express, plus rapides et plus chères. Les anciennes microSD de la Switch ne conviennent pas pour installer des jeux Switch 2.
Quelle différence avec une console portable comme la ROG Ally X ? +
La Switch 2 est moins puissante mais plus légère, plus simple à prendre en main et seule à faire tourner les exclusivités Nintendo. Les PC portables misent sur la polyvalence de Windows.